Depuis le 11 novembre dernier, le Parc Royal de Bruxelles s’anime chaque jour aux sons des mix du Kiosk Radio. Un projet musical niché dans un habitacle réanimé, mêlant musique live et webradio. Nous avons rencontré Jim Becker alias DJ Bim Jecker, cofondateur de cette initiative, lors du plus gros évènement de la saison estivale : la Fête Nationale.

 

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Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jim Becker, je fais partie de l’équipe d’origine du projet Kiosk Radio aux côtés de Thanh Lam, Thomas Kok, Mickey Burszteijn et Nicolas Bucci.

D’où vient l’idée du Kiosk ?

Tout est parti de François Vaxelaire, un ami à nous. Il a créé The Lot Radio, une plateforme similaire à Brooklyn. Il a aperçu un appel à projets de la Ville de Bruxelles et l’a posté sur mon journal Facebook. De là s’est lancée l’aventure pour remporter le concours qui mettait deux kiosques du Parc Royal à disposition. Guinguette, a tout raflé, mais il se trouve qu’on était proches de leurs responsables. Ils nous ont offert le plus petit habitacle pour qu’on réalise notre projet. Notre volonté était de créer une radio qui diffuse sur le web et s’affranchit du médium FM. On avait aussi dans l’idée d’offrir un spot pour rassembler la communauté des amoureux de musique. Le Parc Royal était l’endroit rêvé pour combiner l’online et le physique, où les gens peuvent se rencontrer. Nous appelons ça une community radio, le collectif prime sur nos individualités. Elle existe à la fois pour la Ville de Bruxelles et les amateurs de musique alternative.

Comment se passe l’après-midi typique ici ?

Les sets prennent place de 14 à 18 heures tous les jours de la semaine, sans exception. Parfois, les horaires varient quand on a des invités de marque ou qu’il se passe quelque chose d’exceptionnel. Nous ne sommes fermés qu’en fonction des horaires du parc et des intempéries.

Et la sélection des DJs ?

La programmation est un mélange de choix actifs, donc de nos envies directes, que ce soit par mail ou via des recommandations d’amis. On essaie d’avoir à la fois des résidents, des piliers, mais aussi de garder de la place pour des nouvelles têtes. Il n’y a pas besoin d’être très connu. Nous marchons au coup de cœur. Si tu veux jouer au Kiosk, il faut simplement nous contacter avec un extrait de ce tu sais faire, type Soundcloud ou autre plateforme.

Vous posez des limites dans les styles diffusés ?

Nous sommes éclectiques et grand public à la fois. Enfin je crois, j’ai des amis qui me disent parfois que c’est trop pointu. On avait une envie claire et nette de promouvoir les scènes alternatives : le hip-hop et la musique dance moins mainstream. Nous sommes plus Dour que Tomorrowland. On ne peut pas tout jouer et on a choisi la carte de l’alternatif. Nous proposons moins de morceaux et de styles que vous avez l’habitude d’entendre dans les grandes radios. Après, on essaie de ne pas être trop branchouilles ou trop coincés ! Nous tentons de garder un équilibre pour que tout le monde s’y retrouve. Le DJ a toujours carte blanche. Il peut tester des tracks, nous n’attendons de lui juste qu’il essaye de proposer une expérience au public du Parc et du livestream. On ne demandera jamais à un artiste de modifier son set pour attirer plus de gens sur la terrasse.

Qu’est-ce que vous en tirez musicalement ?

Aujourd’hui, les trois programmateurs, Mickey, Boochie et moi-même officions en tant que Kiosk Radio Soundsystem. Ça nous a énormément apportés. Nous avons des collaborations qui se sont créées depuis le début du projet. On fait une petite scène à Dour cet été et on sera au Klub Dramatik à Anvers. D’une manière générale, le Kiosk a permis d’organiser et de renforcer davantage le grand bruit de la musique alternative à Bruxelles. Les DJs du milieu en découvrent d’autres, moins connus. C’était le but, à la base.

Le public répond présent ?

Jusqu’ici, la réception online est très bonne. Nous avons près de 7000 likes pour quelques mois d’activité. On émet avec deux baffles, juste assez fort pour ne pas envahir tout le parc. Des personnes de tous âges et horizons nous ont fait part de leur plaisir de voir un projet comme ça naître et réanimer le lieu. Bien sûr, on a eu quelques réfractaires qui nous ont demandé de baisser le volume, mais en règle générale, tout se passe bien. Nous sommes ouverts au public, il ne faut pas payer d’entrée. Kiosk Radio appartient un peu à tout le monde.

Que retenez-vous de ces premiers mois ?

Beaucoup de fatigue, mais aussi de la satisfaction, de la fierté surtout. La fierté de s’être mis au service des gens. Ce que je trouve le plus chouette, c’est quand des DJs qui ne sont pas programmés viennent juste boire un verre avec leurs amis pour chiller.

Un souvenir à partager en particulier ?

Notre premier open air, mi-avril, aux côtés du collectif Gay Haze. 350 personnes sont arrivées d’un coup et ont dansé jusqu’à huit heures du soir, un dimanche après-midi. Le bar a eu beaucoup de mal à suivre. On a pris conscience qu’un petit kiosque abandonné pouvait être immense malgré lui. Nous étions dépassés, le truc avait pris trop d’ampleur (sourire). C’est à ce moment qu’on a pensé, quelque part, avoir réussi notre pari.

Texte : Jimmy Foucault

Crédit : Shalom Redfish

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