Thouxanbanfauni, trouver l’équilibre dans une vie de rockstar

Quelques semaines avant la première vague du confinement, on reçoit un DM de notre ami Jesse, aussi connu sous le nom de Shxtsfired. Le photographe d’Amsterdam accompagne Thouxanbanfauni pour sa tournée européenne, et un des shows passe par Bruxelles. Fauni est déjà venu plusieurs fois sur le continent, l’artiste d’Atlanta a vu sa carrière prendre une tournure internationale à l’âge d’or de la plateforme SoundCloud. Il y a fait ses lettres de noblesse avec UnoTheActivist et de nombreuses autres légendes. Aujourd’hui plus mature, et plus « grand » que la plateforme qui l’a vu naître, le rappeur est concentré sur ce qu’il sait faire de mieux : créer, et surprendre.




Tu as commencé à poster tes sons vers 2014. Est-ce que tu peux nous décrire dans quel état d’esprit tu te trouvais à ce moment ?

C’était juste… Ce que ça pouvait avoir avec la musique… Le fait que je pouvais lui donner forme. Je pouvais me l’approprier… Il n’y a pas de règle, tu sais, donc je pouvais vraiment jouer avec. Je m’amusais grave ! C’était pour la beauté du truc : des beats différents et faire ce que je voulais. J’ai toujours la même dalle qu’à l’époque. Cette faim de créer, tu vois, c’est ma mentalité, être dans un délire à la Picasso. Faire de l’art avec n’importe quel type de beat. J’ai commencé à composer mes propres prods, je rappais sur certaines d’entre elles. Celles dont personne ne voulait, je posais dessus. Comme « Rihanna Wrist », j’ai fait ce son et les gens ont validé… Mais de base c’était surtout pour la beauté de la chose.

Avant ça, tu avais déjà enregistré des sons ? Qu’est-ce que tu écoutais à la maison, en grandissant à ATL ?

De tout. J’écoutais tous les styles de musique. En général, les gens sont là « À quel âge as-tu commencé la musique ? », mais pour moi, c’est depuis ma naissance. J’étais à propos de musique. Ça m’a juste pris du temps pour réaliser que je voulais en faire quelque chose de professionnel, car tu sais… C’est une de ces millions de choses que tu finis par entreprendre quand les gens se montrent et te soutiennent. Je suis ici en pleine mini-tournée européenne. C’est le genre de chose dont les gens rêvent, mais très peu arrivent à ce niveau. […] J’ai écouté de tout… J’ai toutes sortes d’influences dans ma vie. R’n’B, reggae… merde, de la K-pop. De tout, tu vois ? Que ce soit une prod que j’ai aimée, ou un refrain qui m’a marqué, ou encore un putain de couplet, une intro ou une transition… Quand un beat switch pour un autre, et qu’une chanson semble en former deux, ce genre de choses. J’ai aussi écouté pas mal de OutKast avec Andre 3000 et Big Boi, du Erykah Badu, Baduizm, et aussi beaucoup de rock. Si ça sonne bien et que j’aime, ça m’a probablement influencé.

Comment as-tu rencontré Unotheactivist, et en quoi vous êtes-vous permis mutuellement de repousser vos limites créatives pendant toutes ces années ?

Quand Uno et moi on s’est rencontrés, on était défoncés à une fête, on était en train… De gérer des meufs et tout ça. Je crois que c’était une de ces sessions studio un peu bizarres (rires)… Non, sérieusement, j’ai contacté Uno après avoir entendu une de ses chansons, c’était de la vraie bombe. On a fini par aller au studio ensemble, et depuis on est comme des frères. On s’est captés à Atlanta, on s’est tapé contre des gars ensemble, on a baisé des meufs ensemble… On a tout niqué ensemble. L’alchimie est présente, on est inséparables. On est comme des frères de sang l’un pour l’autre. Lui et son petit frère Molly, je les aime pour de vrai.

Tu as besoin de connaître les gens avec qui tu collabores plus que par le simple biais du son ?

Ça aide, tu sais. Quand je travaille avec des artistes, ça m’aide de savoir si leur style de vie correspond vraiment à ce qu’ils rappent ou disent. Ça me procure une meilleure alchimie. Quand je suis arrivé dans l’industrie de la musique… Beaucoup de gens ne vivent pas réellement le lifestyle dont ils parlent dans leurs textes, mais ils trouvent un moyen de rapper à ce propos. Des « rap n****s », c’est comme ça qu’on les appelle. Mais tu sais, il faut savoir s’ajuster pour le business, et travailler avec tout le monde. C’est frustrant, et ça brise parfois le cœur, mais tu dois faire cette maille.

Quand tu vas en studio, tu préfères être entouré par beaucoup de gens ou avoir un peu plus d’intimité ?

Je préfère l’intimité. Je ne record jamais avec trop de gens autour de moi, ça peut arriver si on vient de quitter un show ou quoi, et qu’on est dans un mood, ou qu’il y a une tonne de meufs. C’est une vibe, toute cette énergie, cette atmosphère, ça crée une vibe qui donne un ton à la chanson. Mais de préférence, si je peux être en one-one avec mon ingé son, c’est dans ces conditions qu’on peut vraiment créer des bangers.

Tu continues d’enregistrer lorsque tu es en tournée, comme en ce moment ?

Ouais, on sort d’une session aujourd’hui. On a fait un titre l’autre jour à Paris avec un artiste de là-bas, son blase c’est thaHomey. C’est un ouf !

J’ai remarqué que tu étais vraiment à propos de cinéma, d’animes en particulier. Tu préfères le visuel à la musique ?

Je ne pourrais pas te dire. J’adore les films et j’aime aussi la musique, les deux dépendent l’un de l’autre. Même lorsque tu fais un film, la bande originale peut vraiment avoir un impact sur le rendu. Ça souligne le ton du film, ça retransmet de l’émotion. Souvent, lorsque je compose des titres, j’aime m’imaginer dans un film. Lorsque tu shootes un clip, tu as souvent des inspirations qui te viennent du cinéma.

Tu donnes beaucoup d’importance aux symboles, comme on le voit à travers tes tatouages. Peux-tu revenir sur leur signification ?

Je suis à propos d’égalité, d’équilibre. C’est un lifestyle, les choses que je fais, mais c’est toujours ce côté sombre qui m’aide à accomplir ce que je dois faire. J’essaye d’être respectueux et tout, mais j’ai ma morale, qui est le mode de vie. J’accepte ma part de ténèbres, tout simplement parce que ça m’aide à aller et faire ce qu’il y a à faire. Je dois garder un bon équilibre entre les deux côtés, et ne pas tomber trop dans l’un ou l’autre, et juste trouver un droit chemin, cette fine ligne juste entre les deux. C’est vers ça que je concentre toute mon énergie. C’est une histoire d’échanges équivalents.

Comment définirais-tu ta foi ? Comment a-t-elle évolué, surtout après ces années passées dans l’industrie musicale et ce que tu as pu traverser ?

Je dirais que c’est quelque chose qui évolue avec l’âge. Tu arrives dans ce monde, tu crois en quelque chose, puis tu n’y crois plus, et à ce moment tu ne sais plus quoi croire et tu dois te trouver quelque chose en quoi croire pour toi. Je suis à ce stade, je cherche quelque chose en quoi croire. Ma musique me sert à ça, elle me permet de croire en moi, et ce dont je suis capable. C’est pour ça que j’ai le « Belief » de tatoué juste ici, je dois croire en moi. Si je ne crois pas en moi, personne ne va le faire. C’est le meilleur état d’esprit à avoir, savoir ce que l’on vaut.

J’ai l’impression que tu essayes de devenir une meilleure version de toi-même. Tu as tué ton ancienne personnalité ou simplement effectué un travail pour passer un cap ?

J’essaye de devenir un homme meilleur, et chaque année je suis un petit peu meilleur. Quoi que j’aie pu faire l’année dernière, j’essaie d’encore monter en puissance. J’augmente le niveau, car mon seul vrai rival, c’est moi-même. Je commençais à être dans trop d’affaires judiciaires, j’essaye d’éviter toutes ces merdes et de faire en sorte que mes sons soient mixés et masterisés. Je ne fais plus les choses à la va-vite, j’ai plus de patience envers moi-même et les gens qui m’entourent. J’ai dû beaucoup travailler, car un tas de choses peuvent me soûler rapidement. Et quand quelque chose me soûle, ça peut partir très loin et très vite. Mais je suis de plus en plus conscient de ce problème, et je lutte pour ne plus retomber dans ces frasques. Je veux devenir meilleur, comprendre mes erreurs. C’est dans cette démarche que tu finis par te sentir à l’aise dans toutes les situations.

Et c’est ce que tu essayes de donner à ton public aussi.

Les gens me soutiennent, et je ne veux pas qu’un de mes fans soit fermé ou étroit d’esprit. J’essaye de faire en sorte que quiconque est fan de ma musique puisse évoluer et avoir une mentalité plus ouverte. Je trouve ça plus sain.

Les médias te décrivent toujours comme une légende du cloud. Comment vis-tu avec cette étiquette, sachant qu’aujourd’hui tu es bien plus qu’un SoundCloud rapper ?

L’âge d’or de SoundCloud, à l’époque… C’est juste tout le monde maintenant. Ça me manque, c’était complètement fou ! Trop de choses se sont passées depuis, on a vraiment vécu quelque chose de dingue, avec ce côté unique.

Il n’y avait pas de stratégie.

Vraiment, tu as capté ! C’était juste : drop, drop, drop. Et les covers étaient genre, peu importe. Les mecs prenaient juste des photos de tout et n’importe quoi, même un selfie sur un MacBook, ils se contentaient de drop, et pouvaient se construire toute une carrière basée sur ça. Aujourd’hui, je suis plus gros que SoundCloud, je suis monté en grade. J’ai l’impression que les personnes qui m’appellent « SoundCloud legend », « the OG », ils ne connaissent que mes vieux sons, mais ça ne me vexe pas. Il y a une certaine forme de respect là-dedans. Je suis juste plus important que ça désormais, bien que SoundCloud m’ait aidé à arriver où j’en suis et que j’en sois très reconnaissant.

Ne trouves-tu pas drôle le fait que les gens essayent toujours de te mettre dans une case, lorsque tu as créé ton propre style avec tes frères ?

C’est une de ces histoires qui n’en finira jamais, ils essayent toujours de te mettre dans une case. Même au niveau musical, certains rappeurs et leurs fans se chamaillent pour dire « ça, c’est mon genre, ça, c’est mon style ». J’essaye d’être un artiste universel, j’ai l’impression que je suis capable de tout faire. En tout cas, c’est mon ressenti personnel. J’ai posé sur tous les types de beats et j’essaye toujours de proposer des choses différentes. Comme je te l’ai dit plus tôt, je puise mon inspiration dans tellement de styles de musique… Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un seul en particulier. Même si rester fidèle à un genre est plus facile pour ton public : s’ils t’ont aimé de cette façon, ça peut être risqué de parier en se diversifiant. Mais je me vois comme un genre d’électron libre, je vais juste tenter ma chance comme ça.

Est-ce plus simple d’être versatile quand tu as cette oreille musicale de producteur/compositeur ?

Il suffit de s’ajuster, de s’adapter. Il n’y a pas vraiment de règles, même lorsque tu es producteur. J’ai bossé avec énormément de beatmakers qui voulaient que leurs keys et leurs chords soient parfaits, mais en vrai, tu n’es pas obligé d’en arriver là. Des fois, c’est surtout une question de comment les choses sonnent pour toi, et de comment elles t’attirent. Je fais partie de ces gens. Si ça me plait, je n’ai pas besoin que ce soit parfait pour apprécier les sonorités.

Combien de fois étais-tu venu en Europe avant cette tournée ?

C’est ma troisième fois ici. La première était l’an dernier, on avait été au Portugal puis à Cologne. La deuxième, c’était en Allemagne et en Autriche. D’ailleurs, on retourne en Allemagne demain. Mais c’est ma première fois en Belgique. J’aime l’ambiance qu’il y a en Europe : l’architecture, les meufs, la nourriture, les sapes ! C’est différent.

Tu m’as dit que tu allais rencontrer Yung Lean dans les jours à venir ?

Ouais ! On s’est envoyé des DMs toute la semaine, à essayer de trouver un créneau pour se capter. Il veut qu’on fasse quelques sons. Il m’a dit que lui aussi m’écoutait, qu’il kiffait mon délire, je lui ai donc répondu qu’il fallait qu’on mette ça sur un track.

Quand est-ce que ton prochain projet va sortir ?

Oh, Forever Figueroa ? Je ne sais pas encore. J’aimerais le drop cette année, mais je veux que ce soit… Je mets vraiment tout ce que j’ai dans cet album.








A few weeks before the first lockdown, our friend Jesse, also known as Shxtsfired, contacted us via DM. The Amsterdam-based photographer was coming along with Thouxanbanfauni on his European Tour, and one of the shows took place in Brussels. Fauni had already visited the Old Continent several times, as his career took a global turn during the golden era of SoundCloud. He made a name for himself on the platform, alongside UnoTheActivist and many other legends. Now a more mature artist, « bigger » than the platform where he took his first steps, he’s focused on what he does best: creating art, and taking unexpected directions.




Since you started dropping music in 2014, do you recall what your mindset was like at this time?

It was just… What it could do with the music, right… It’s the fact that I could shape it. I could make it my own… It’s no rules to it, you know, so I could really just play with it. So, I had fun with that! It was just for the beauty of it, just different beats, just doing shit that I wanted. So, my idea was that I was just as hungry as I was then as I am now. That hunger to create shit, you feel me, that shit was really my mindset, just being on some Picasso shit with it, man. I could just make art with any type of beat. Then, I started making my own beats, I rapped on some of my own beats. It was some beats I had n****s wasn’t fucking with, so I got on them. Like « Rihanna Wrist », I made that beat and n****s was fucking with it so… It was mostly for the beauty of it.

Before that, had you ever made any songs? What did you listen to when you were at home, growing up in ATL?

Everything! I listened to all types of music. Usually, people be like « At what age did you start making music? » but for me, since I was born, I was into music. It just took me some time to realize I wanted to do that shit professionally, because you know… It’s one of them one-in-a-million things that you get to do when people come out and support you. I’m over here doing a little mini-European tour. It’s shit people dream about, but not a lot of people get to that point. […] It’s been everything… All types of things have influence in my music. R’n’B, Reggae… shit, K-pop. Everything, you feel me? Whether it was a beat I liked, or if it was a hook I liked, or a crazy-ass verse, or just an intro or a transition… When it goes from one beat and switch to another, and it’s two different songs, that type of shit. I heard a lot of OutKast, with Andre 3000 and Big Boi, a lot of Erykah Badu, Baduizm, and even a lot of rock shit. If it sounds good and I like it, it probably influenced me.

How did you meet UnoTheActivist, and how did you keep that alchemy throughout the years, pushing back each other’s creative limits?

When me and Uno linked up, we were fucked up at a party, we were goddamn… smashing hoes and shit. I think it was a weird studio session or something… No, actually, I hit Uno after I heard his song, it was some fire shit I heard from this man. Then we ended up linking and going to the studio, and we’ve just been brothers since. We linked up in Atlanta, fighting n****s together, fucking hoes together… We were fucking shit up together. Chemistry was just there, n****s just been inseparable since. He just fuck with me on some blood brother shit. He damn near like a blood brother to me, him and his little brother Molly. Real deal, I love them n****s.

Do you need to know the people you’re collaborating with beyond the prism of music?

It helps, you know. When I’m working with artists, it helps me better if I know their lifestyle, if I know they actually live a lifestyle that they say they do, or they rap about. It gives me better chemistry. When I got into the music industry… A lot of people don’t necessarily live the lifestyle they rap about, but they can find a way to rap about it. Rap n****s, those are what we call rap n****s. But you know, you gotta be able to adjust for the business, and work with everybody. It’s disappointing, and heartbreaking sometimes, but you gotta get to this bag.

When you come to the studio, do you prefer to be surrounded by a lot of people or would you rather have some intimacy?

I prefer to be intimate. I don’t make songs or records with hella people, because we might have left a show or whatever, and we might be vibing, there might be hella bitches. It’s a vibe, all the energy, all the atmosphere, it creates a vibe and it sets a tone for the record. But preferably, if I can just be one-on-one with the engineer, that’s when I can really make some slappers.

Are you still recording while on tour, like right now?

Yes, we did a studio session today. We did a song in Paris two days ago with one of these Paris artists, his name is thaHomey. Crazy man!

I saw that you were really about cinema, and anime in particular. Do you like movies more than music?

I can’t say. I really love movies, I really love music, and they both kind of need each other. Even when you’re making a film, the soundtrack to the film can really affect the outcome. It just gives it more of a tone, it gives it emotion. Even when I’m making songs sometimes, I might picture myself in a movie. When you make a music video, you kind of get inspiration from a movie.

You give a great importance to symbols, as we can see on your tattoos. Can you explain their meanings?

I’m more about equality, balance. It’s a lifestyle, the things I do, but it’s still that dark side of shit that’s gonna help me accomplish what I need to do. I try to have respect and shit, as far as my morality, which is the lifestyle. I still embrace my darkness, because it just goddamn helps me go and get done what I need to get done. So, I gotta keep a good balance between both, and not fall too much into one or sink and drown too much into the other, but just go down a straight path, that little thin line that’s right between both of them. That’s what I put all over my body. This right here is something about equivalent exchange.

How do you define your faith? How has it evolved, especially after your years in the music industry and what you’ve been through?

I feel like it’s definitely something that evolves with age. You first come into the world, you believe something, then you don’t believe it, then you just don’t know what to believe and you gotta find something to believe in for yourself. That’s kind of where I’m at with it, I’m just somewhere where I’m trying to find something to believe in. That’s what my music does for me. If anything, it helped me believe in myself more, and what I’m capable of. That’s why I got “Belief” right here, because I know I gotta believe in myself. If I don’t believe in myself, ain’t nobody else gonna believe in me. I feel like it’s this strong mindset you gotta have, knowing your self-worth.

I feel like you’re trying to become a better version of yourself. Have you killed your old self, or just moved on to a better place?

I’m trying to be a better man, every year I be getting a little better. Whatever I did last year, I try to ante up on it. I just try to make sure I’m leveling up, because I’m really only in competition with myself. Last year, I was getting into too much legal trouble, so I try to avoid all that and get more songs mixed and mastered, don’t rush everything so much, have more patience for myself and everybody around me. Can’t get upset or have an attitude with things that upset me quickly. I had to work on that, you know, that patience. I just lose my temper so quickly over little things, and a n***a end up fucking shit up for real. I’m more self-aware, if anything. Every year, I’m getting more and more self-aware of myself and how I was before, and I try to make myself better, or at least to understand more things. I’m getting more comfortable with everything.

And that’s what you’re trying to give to the audience too.

People support me, and I don’t want none of my supporters to be small-minded or close-minded, so I try to have everybody who’s a fan of mine on a more open-minded mindset. I think it’s healthier.

The media always describe you as a Soundcloud legend but since you’re more than just a Soundcloud artist now, how do you deal with this?

That golden era of SoundCloud, back then… It’s just everybody now. I miss them days, I’m gonna come clean though, that golden era bro… But it’s just crazy, so much shit has happened since everybody was just uploading on Soundcloud. It was special, it had this whole uniqueness to it.

There was no strategy.

Yeah, you feel me! It was just like drop, drop, drop. And the cover art was like, whatever. N****s just take a picture of some shit, or just take a selfie on the MacBook, and you drop some shit, and then get a whole career off of that. But now, I’m bigger than SoundCloud, I’m upping my ranks. I feel like the people calling me a Soundcloud legend, the OG, they just know all the OG content, so I don’t get too offended from it. There’s still that respect. I’m bigger than that now. But still though, SoundCloud helped me get here, so I’m grateful for it.

Don’t you find it funny that people try to put you in a box when you actually built your own style with your brothers?

That’s one of those never-ending things, they always try to put you in a box. Even with the music, they always try to say, “This is my genre, that’s my genre.” I’m kind of aiming to be a universal artist, I feel like I can do anything. That’s how I personally feel, I done got on all types of different beats, and I’m gonna continue to get on different types of beats and try out different things. Like I told you earlier, I’m inspired by so many different types of music, so I feel like I shouldn’t close myself off to just one specific style. Even though when you do stay on one specific style, it’s easier for the audience: if they liked you like that, then it’s just bad to bet. But I can be a bit of a wild card, I’m gonna just take my chances with that.

Is it easier to be versatile when you know how to produce beats and have an ear for music?

You can just adjust or adapt to it. It’s no real rules to things, even when you’re producing. I’ve worked with producers who use the keys and chords, they want it to be perfect, but you don’t even really gotta do that. Sometimes, it’s something about how things sound to you, bro – it just attracts. I’m one of those people, if it’s sonically pleasing to me, then I’m attracted to it.

How many times have you come to Europe before?

This is my third time out in Europe. First time was last year, we went to Portugal, Cologne… The second time, we were in Germany and Austria. Now, we’re going to Germany tomorrow. First time in Belgium, though. But yeah, third time in the European area. Love that! Love the architecture, love y’all girls, love the food, love the clothes! It’s different.

You told me that you will meet Yung Lean tomorrow?

Oh yeah, we’ve been DMing each other all week, trying to link up, because he’s tryna do some songs. He said he fucked with me too, that he bumped my shit, so I told him shit, let’s get it on a record.

When is your next project dropping?

Oh, Forever Figueroa? I don’t even know yet, I’m aiming for this year, but I want it to be… I’m really putting my super effort into this shit.


Texte : Nathan Barbabianca

Traduction : Fabrice Vergez

Crédit : Jesse Koch

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