Shxtsfired, de l’autre côté de l’objectif

Jesse est un jeune créatif basé à Amsterdam, d’où il tire avec son appareil argentique des clichés intimes et bruts qui font son succès. Tout a commencé par des covers, à l’époque où SoundCloud rythmait ses journées d’ado. Parmi ses collabs : Rich The Kid, Playboi Carti… et rien que le A$AP Mob, qui a notamment utilisé un de ses design pour un Yams Day. Depuis, Shxtsfired apporte sa vision à des marques de designer comme Alyx ou Casablanca, et continue les travaux côté rap. On revient sur sa tournée européenne pour Thouxanbanfauni, et l’impact qu’a eu le confinement sur sa façon de procéder.




Les tournées constituaient la plus grande part de ton travail ?

Les concerts, les festivals, les tournées, toutes ces choses étaient la plus grosse partie de mon taf. C’était la partie la plus fun. Mais maintenant, j’ai compensé avec d’autres choses.

Lorsque tu bosses sur un festival ou une tournée, ce sont les artistes qui te contactent ?

Cela dépend. Des fois c’est l’artiste, d’autres fois c’est le management. J’ai de bons contacts avec presque tous les grands labels et compagnies de management, et tous ces rappeurs sont aussi amis entre eux. Il m’arrive également de contacter directement les artistes, je leur envoie juste un DM : « Yo, quoi de neuf, il faut qu’on bosse ensemble. »

Est-ce qu’Instagram a changé ta façon de travailler ?

La façon dont je contacte les gens, absolument. Si tu te rends sur mon Instagram, tu vois tout de suite les personnes avec qui j’ai bossé, donc pour un rappeur, si je le DM, il peut aller sur ma page et se dire : « Oh, tu as déjà taffé avec tous ces autres artistes », c’est plus facile pour eux d’accepter, je pense ? Je n’envoie jamais de mails, je DM des gens toute la journée.

Lil Peep par Shxtsfired

Tu viens d’où en Hollande ?

Je viens d’un endroit dont tu ne pourrais probablement pas prononcer le nom, ça s’appelle Stadskanaal. C’est dans le nord, au milieu de nulle part. Mais j’ai déménagé à Amsterdam il y a six ans, et c’est là que tout a commencé pour moi, en termes de connexions. L’endroit d’où je viens, il n’y a rien, pas de concerts ou quoi que ce soit. Dès que j’ai bougé à Amsterdam, j’ai trouvé quelque chose que je voulais vraiment explorer, aller à des concerts, rencontrer ces gens…

J’ai vu que tes parents étaient également artistes. De quel genre de film ou de musique étais-tu fan quand tu étais ado ?

Mon père fait du rock, donc c’est avec ça que j’ai grandi toute ma vie, et ça a aussi influencé mes goûts musicaux actuels. J’ai grandi avec des trucs comme Spliknot, Kiss et Metallica, c’est quelque chose qui me passionnait. Côté cinéma… C’est drôle, ma copine et moi avons eu une conversation à ce sujet l’autre jour. J’aime les films bizarres. J’ai vraiment kiffé Detroit Rock City, dont personne n’a jamais entendu parler, mais c’est un film culte réalisé par le groupe Kiss. Et c’est dingue ! J’aimais bien Fear and Loathing in Las Vegas. Je ne me souviens pas de beaucoup de films de mon enfance. Nous regardions beaucoup de documentaires musicaux à la maison, sur les groupes et autres, mon père était à fond là-dedans, donc on regardait avec lui. Je connais beaucoup de choses sur la musique grâce à ça.

Est-ce cela qui a façonné ta vision artistique et ta volonté de faire ce que tu fais en ce moment ?

Je pense que oui, ça m’a donné une grande liberté de création. Ma mère fait de la peinture, elle prenait aussi des photos. Et puis mon père fait de la musique. Mes parents n’ont jamais douté que l’on puisse réussir dans ce domaine, parce qu’eux-mêmes l’ont fait, alors ils m’ont toujours laissé libre. Quand j’ai dit que je voulais devenir photographe, quand j’ai voulu faire ça, mon père m’a acheté mon premier appareil photo, et il m’a dit : « Fais-le ! » Il m’a aidé à trouver des clients, il m’a fait photographier tous ces groupes de rock quand j’avais 12 ou 13 ans. Ils m’ont vraiment aidé à mettre tout ça en place au d’essayer de me décourager. On entend souvent des gens raconter que leurs parents ne les soutenaient pas dans la poursuite de leurs rêves. Les miens y ont toujours cru, ils ont toujours su que ça pouvait marcher.

C’est comme ça que tu as commencé la photographie, non ?

Au début, je voulais faire des vidéos et je prenais juste des photos à côté, avec le même appareil. Mais ensuite, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus aux photos, et c’est comme ça que j’ai débuté, oui.

Tu te souviens du genre de vidéo que tu voulais faire à l’époque ?

N’importe quoi, en fait, juste n’importe quoi. Je faisais des after movies, j’essayais de faire des clips. J’avais un voisin qui rappait, alors j’ai réalisé son premier clip. Quand j’avais 15 ans, j’étais aussi stagiaire dans une maison de disques et je faisais des vidéos là-bas. J’aimais juste créer des trucs, il n’y avait pas quelque chose de spécifique qui m’attirait.

Lorsque tu as créé Shxtsfired, tu voulais développer une vision particulière ?

Toute l’histoire de Shxtsfired… Je travaillais avec un certain Ali, avec qui je travaille encore aujourd’hui. C’est l’un des photographes les plus talentueux que je connaisse. Je lui ai dit que je pensais juste que ce serait cool, car je connaissais quelques rappeurs pour qui j’avais fait du graphisme. Je concevais des trucs pour eux et je leur envoyais un DM : « Yo, tu veux une cover ? » Et chaque fois que des rappeurs venaient à Amsterdam, on y allait. J’étais genre : « Je veux me mettre à l’argentique. » Et Ali m’a prêté un appareil photo qu’il avait. C’était quoi la question ? J’ai oublié.

Lorsque tu as lancé Shxtsfired, l’objectif principal était-il de développer ta propre vision ?

Au début, je voulais juste créer des souvenirs. J’ai rencontré ces rappeurs et j’avais des photos cool d’eux, donc c’était juste quelque chose que je trouvais cool. Je n’ai jamais pensé que ça deviendrait un travail, c’était plus un projet artistique au début, mais ça a vite pris de l’ampleur. La deuxième fois qu’Ali et moi sommes sortis dans le cadre de Shxtsfired, on nous a tout de suite proposé de tourner pour Post Malone. On s’est dit : « Oh merde, ça se passe bien. » Son travail était déjà très bon, et il l’est encore. Ils ont directement validé le taf, Ali était trop fort techniquement, et moi j’avais juste mon petit appareil photo argentique, pour faire des moments dans les coulisses. La dynamique a fonctionné à merveille, et les gens en ont profité. Post Malone était notre second job, le premier était A$AP Nast. C’est comme ça qu’on a su : on doit le faire.

Post Malone par Shxtsfired

Tu as dit que tu faisais des designs pour certains rappeurs.

J’étais en école de graphisme, donc je faisais juste du graphisme et j’écoutais du rap à côté. J’étais vraiment à propos de SoundCloud rap à l’époque, Yachty et Carti, des gens comme ça, et je leur ai littéralement envoyé des DM comme : « Yo, je peux faire une créa pour toi ? » Le premier gros rappeur qui m’a validé, c’est Rich The Kid. C’est aussi le premier qui m’a invité à un spectacle. Il m’a fait faire tout un tas de covers et m’a dit : « j’ai besoin que tu sois mon graphiste standard » alors que j’avais 15 ans à l’époque, j’ai trouvé ça super cool. Et puis, A$AP Mob – c’était vraiment mon bail. Quand j’avais 15 ou 16 ans, je voulais vraiment travailler pour le A$AP Mob, parce que j’étais fan d’A$AP Rocky. Très tôt, j’ai rencontré deux de ses gars, ils ont commencé à me suivre sur Instagram et j’ai fini par bosser avec eux. Ils ont utilisé mes créations pour le Yams Day un jour, et après ça, j’ai continué à garder de très bonnes relations professionnelles tous les gars du crew.

Les « designer brands » représentent-elles la plus grande partie de tes clients, et les projets avec les rappeurs sont-ils ceux dans lesquels tu mets le plus d’énergie ?

Évidemment, le taf pour les grosses marques est toujours plus intéressant financièrement parlant. Mais ça dépend vraiment, car il m’arrive de shooter des rappeurs pour un magazine ou une marque de mode. Pour une marque que j’aime vraiment, comme Alyx l’autre jour par exemple, je mettrais tout ce que j’ai en moi, je veux tuer ce shooting, je veux que les gens pensent : « Oh putain, il a vraiment fait ça ? » Donc ça dépend, je n’accorde pas plus d’importance à l’un qu’à l’autre.

Penses-tu que tes shootings pour de grandes marques peuvent amener les rappeurs à connaître ton travail ?

Quand je réalise un shooting, j’aime faire le casting moi-même, je déteste travailler avec des agences et ce genre de choses. Je m’adresse directement aux mannequins, et neuf fois sur dix, je fais appel à un rappeur ou à un musicien. J’aime l’idée de l’anti-modèle. Je pense que souvent, les rappeurs ont l’air plus cool, parce qu’ils n’ont pas le visage d’un mannequin en soi, mais ils ont une bien meilleure personnalité. Par exemple, le tournage pour Casablanca. Si tu vois Tawsen, il est superbe dans ce shoot. Il me donne envie de porter Casablanca bien plus que n’importe quel autre modèle. C’est pourquoi j’aime travailler avec ces mêmes musiciens.

Avec tout ce qui s’est passé ces deux dernières années, est-il toujours possible pour toi de découvrir de nouveaux artistes et de les rencontrer ?

C’est plus difficile. La plupart de ces gars sont en Amérique, et je ne peux pas y aller pour le moment. C’est nul, parce que j’ai rencontré deux gars récemment, j’adore leur musique et je pense que nous pourrions faire quelque chose de bien ensemble, mais je ne peux pas les rencontrer en personne, alors nous devons parler sur FaceTime. Et ton lien avec quelqu’un… C’est très important pour moi d’avoir un bon lien et une connexion forte, que nous nous comprenons vraiment, et ce lien est vraiment difficile à former sur FaceTime ou par téléphone. Donc, c’est difficile, c’est sûr.

C’est le genre de lien que vous avez formé avec Fauni lors de son passage en Europe ?

J’ai rencontré Fauni par l’intermédiaire de mon gars Johnny, qui est son manager et gère également UnoTheActivist. Nous étions à Los Angeles, c’était la première ou deuxième fois que j’y allais. On m’a présenté Johnny et il m’a dit : « Yo, on fait un clip avec Uno, si tu veux tu peux pull up. » Alors j’ai pull up, j’ai rencontré Uno, un type génial. Johnny et moi sommes toujours restés en contact, et puis Uno a fait quelques concerts en Europe, alors ils sont arrivés, ils m’ont dit « traîne avec nous ». J’ai ridé avec Uno, Johnny et leur caméraman Ivan toute la journée – s/o à Ivan. On traînait ensemble tous les jours, et quand ils ont fait la tournée de Fauni, ils m’ont dit : « Yo Jesse, pourquoi tu ne ferais pas toute la tournée avec nous, pour filmer et prendre des photos ? » C’est ce que j’ai fait, je n’avais jamais rencontré Fauni avant ça, mais je pense que c’était le troisième ou quatrième jour, on a roulé jusqu’à Paris, et on s’est juste trop éclatés pendant ce trajet en voiture. Après ça, nous sommes restés amis. Lui, moi et toute l’équipe, Johnny, Ivan et Indi, nous avions une connexion très étroite. C’était les deux semaines les plus drôles de ma vie, je me suis tapé des grandes barres avec eux.

Juste après le concert à Bruxelles, la pandémie a commencé. Dans la foulée, tu as monté la vidéo de « Domino ».

Ivan en a filmé la majeure partie, puis nous en avons fait une vidéo de confinement. On a fait les performances sur FaceTime, et on a fait beaucoup de prises avec les filles sur l’application House Party. C’est comme ça qu’on s’y est pris. On a dû être parmi les premiers à faire un concept de vidéo de confinement. On a fait ça très vite, parce qu’on voulait déjà faire un clip, et je leur ai dit : « Ça ne serait pas ouf si on faisait juste ça sur FaceTime et House Party ? » Ça a marché, c’est l’une des vidéos les plus vues de Thouxanbanfauni aujourd’hui.

Cette première collaboration avec Fauni sur une vidéo est-elle le prélude à quelque chose de plus grand ?

Bien sûr. Dès qu’on pourra aller là-bas, ce sera plié. Mon pote d’Atlanta, Miggy, fait beaucoup de vidéos pour lui en ce moment. C’est bien, on est toujours dans le coup. Uno et moi, on vient de sortir un clip que j’ai montée pour lui dans le cadre de son dernier projet, le titre s’appelle « Famous ».

Penses-tu que c’est mieux d’être en Europe en ce moment, ou est-ce que déménager aux États-Unis reste la meilleure solution pour toi ?

Je ne sais pas ce qui est le mieux pour les autres, mais personnellement je prévois toujours de m’installer aux USA. On attend juste que cette merde de pandémie finisse par se tasser, je travaille sur un très gros projet, mais je ne peux pas en dire trop. Il s’appelle Global Warning, c’est tout ce que je vais dire. On va le mettre en place en Amérique, et ça va être énorme.

Quelles sont tes collabs de rêve ?

Je suis un grand fan de Matthew Williams, donc j’aimerais vraiment travailler avec Givenchy. Du côté artiste, c’est Kanye et A$AP Rocky que je valide le plus… Ils restent mes artistes préférés. J’ai déjà bossé avec Playboi Carti, je veux faire plus de choses avec lui. Mes collabs de rêve ressemblent de moins en moins à des rêves, je crois. Si tu en rêves, tu le mets sur un piédestal, j’ai arrêté de penser comme ça. Tout est faisable, tout est à portée de main, je sais que taffer avec ces personnes n’est pas impossible, donc si j’en parle comme d’un rêve, on dirait que c’est quelque chose que j’aimerais faire dans ma vie mais que je ne ferais probablement jamais. Je le vois plutôt comme quelque chose qui va arriver, j’attends juste le bon moment.

A$AP Rocky par Shxtsfired

Lorsque tu es sur un nouveau projet, quel genre de choses vas-tu digger en termes d’esthétique ?

J’ai toujours été à fond dans les films. J’aime les films comme Enter The Void, Fear and Loathing in Las Vegas, j’aime les trucs bizarres, les trucs sombres, les trucs qui font réfléchir. Je regarde des tas de films. Je ne regarde pas vraiment ce que font les autres DA pour les rappeurs – si un rappeur me sollicite, je ne regarde pas ce que font les autres. Quelqu’un l’a déjà fait, alors pourquoi rester dans le même domaine, pourquoi faire quelque chose de similaire ? Dans tout ce que je fais, j’essaie de rester proche de ce que je veux moi-même, ainsi que de l’artiste en question. C’est pourquoi je n’aime travailler qu’avec des rappeurs qui ont déjà le même style que moi en matière de visuels, de vêtement et autres, du coup on se comprend plus facilement. Si quelqu’un a une vision très éloignée de la mienne, nous devrons toujours faire des compromis et ce ne sera jamais complètement satisfaisant pour l’un ou l’autre.

As-tu déjà voulu te lancer dans le textile ? J’ai vu que tu avais sorti un tee sur Britney Spears l’an dernier.

C’est juste un t-shirt que j’ai fait, mais je ne l’ai jamais vraiment vendu. Je ne les ai faits que pour le plaisir. Je ne peux pas trop en parler car tout est en cours, mais Global Warning mec… Ce sont des vêtements, un style de vie, tu peux me faire confiance, ça va être grand !








Jesse is a young creative based in Amsterdam, where he stages raw and intimate photoshoots using his analog camera. Those are now the key to his success, but it all started with making cover art, back when he was a teenager whose days revolved around SoundCloud. He worked with the likes of Rich The Kid, Playboi Carti… and nothing less than the A$AP Mob, who used one of his designs for Yams Day. Since then, Shxtsfired has been bringing his vision to designer brands such as Alyx or Casablanca, and is still collaborating with hip-hop artists. We discussed his European tour alongside Thouxanbafauni, and the way confinement has affected his artistic process.




Was touring the main part of your work?

Shows, festivals, tours, all this stuff was the biggest part of my job. That was the most fun part. But now, I compensated with other stuff.

When you work on a festival or tour, do the artists contact you directly?

I mean, it depends. Sometimes it’s the artist, sometimes it’s the management. I have good contacts with almost every major record label and management company, and all these rappers are friends with each other as well. Sometimes I reach out to the artist too, I just DM them “Yo, what’s up, let’s work.”

Did Instagram change the way you work?

The way I contact people, definitely. If you go to my Instagram, you see all the people I work with straightaway, so for a rapper, if I DM them, they can go to my page and they’re like “Oh, you already work with all these other artists”, so it’s easier for them to say yes, I think? I never send out emails, I just DM people the whole day.

Lil Peep by Shxtsfired

Where in Holland do you come from?

I’m from a place that you probably can’t even pronounce, it’s called Stadskanaal. It’s up north, in the middle of nowhere. But then, I moved to Amsterdam about six years ago, and this is where it all started for me, connection-wise. The place where I’m from, there’s nothing there, no shows or anything. As soon as I moved to Amsterdam, I got something I really wanted to explore, going to shows, meeting with these people and shit…

I saw that your parents were also artists. What kind of music or movies were you into as a teenager?

My dad makes rock music, so that’s what I grew up on my whole life, and that also influenced my music taste today. I grew up on stuff like Slipknot and Kiss, Metallica, that’s something I was into. Moviewise… That’s funny, my girlfriend and I had a convo about this the other day. I was into weird movies. I really liked this movie that’s called Detroit Rock City, that no one has probably ever heard of, but it’s a cult movie made by the band Kiss. And it’s sick! I liked Fear and Loathing in Las Vegas. I don’t remember too many movies from my childhood. We watched a lot of music documentaries in my house, about bands and stuff, that my dad always watched so we watched with him. I know a lot about music because of that.

Is that what shaped your artistic vision and your will to do what you’re doing right now?

I think so, it definitely gave me creative freedom. My mom paints and stuff, and she used to take photos, and then my dad does music. My parents have never doubted you could be successful doing this, because they did it, so they always gave me freedom. When I said I wanted to be a photographer, when I wanted to do that, my dad actually bought me my first camera, and he was like “Just do it!” He helped me get clients, he had me shoot these rock bands when I was 12 or 13 years old. They just really helped me set all that shit up instead of pushing it back. You hear stories from people, and their parents just kind of hold them back and don’t believe in their dream. My parents always did, they always knew it could work.

That’s how you started photography, right?

First, I wanted to make videos and I just took photos on the side, with the same camera. But then, I started getting more and more into photos, and that’s how I started doing photography, yeah.

Do you remember what kind of video you wanted to make at that time?

Anything, actually, just anything. I was making after movies, I was trying to make music videos. I had a neighbor kid that rapped, so I made his first music video. When I was 15, I was also interning at this record label and doing videos there. I just liked to make shit, there was not something specific that I wanted to do.

When you founded Shxtsfired, you wanted to develop that vision?

The whole Shxtsfired thing… I was working with a guy called Ali that I still work with to this day. He’s just one of the most talented photographers I know. I told him that I just thought it would be cool, because I knew these rappers from doing graphic design for them. I was doing that shit on Instagram, just designing shit for rappers, hitting them up like “Yo, do you want a cover art?” Every time rappers came to Amsterdam, we just went. I was like “I wanna try and do film photography” and he actually gave me a camera that he had… What was the question? I forgot.

When you started Shxtsfired, was the main goal to develop your vision?

At first, I just wanted to create memories. I met these rappers and I had cool photos of them, so that was just something that I thought was cool. I never thought it would really turn into a job, it was more like an arts project in the beginning, but soon shit got a lot of following. The second time that Ali and I really went out and it was a Shxtsfired thing, we got offered to shoot for Post Malone straightaway. We were like “Oh shit, this is going well.” His shit was really good already, he was and is such a good photographer. They straightaway fucked with that, and then it was just him being technically so good, and I just had the little film camera, doing backstage moments. The dynamic of it worked perfectly, and people fucked with it. So then we did Post Malone, that was like our second job – first job was A$AP Nast. That’s how we knew: we gotta do it.

Post Malone by Shxtsfired

You said that you were doing designs for rappers.

I was in graphic design school, so I just did graphic design and listened to rap music. I was really into SoundCloud rap at that time, Yachty and Carti, people like this, and I literally just DM’d them like “Yo, can I make artwork for you?” The first big rapper that really fucked with me was Rich The Kid. He was also the first person that invited me to a show. He had me do a whole bunch of covers and was like “I need you to be my standard graphic designer” and I was 15 at the time, so I thought it was the coolest thing. I don’t know if you know this rapper called J $tash? He also did a lot for me. And then, A$AP Mob – that was my whole thing. When I was 15 or 16, I was really fucking dedicated to working for A$AP Mob, because I was just a fan of A$AP Rocky. Really early on, I met a couple of the guys, they started following me on Instagram and I just got to working with them. They used my graphics for Yams Day one day, and after that I’ve had a really good working relationship with all the A$AP Mob guys.

Are designer brands the largest part of your work, and are projects with rappers the ones you put the most energy into?

Obviously, jobs for big commercial brands are always financially better. But it really depends, because sometimes I shoot a rapper for a magazine or fashion brand. For a brand that I really fuck with, like Alyx the other day for example, I will put in all I have, because I want to kill that shoot, I want people to think “Oh holy shit, he really did that.” So it depends, I don’t value one more than the other.

Do you think that your shoots for brands can bring rappers to get to know your work?

When I do a shoot, I like to do the casting myself, I hate working with agencies and shit like this. I just talk to models directly, and nine out of ten times, I cast a rapper or a musician of some sort. I like the anti-model idea. I think that a lot of the times, rappers look way cooler, because they don’t have the model face per se, but they have a way better persona. For example, the Casablanca shoot. If you see Tawsen, he looks great in that shoot. Such a persona! He makes me wanna wear Casablanca way more than any other random model ever could. That’s why I like to work with these same musicians on it.

Considering what happened these last two years, is it still possible for you to discover new artists and meet them, or is it more difficult now?

It is more difficult. Most of these guys are in America, and I just can’t go there right now. It sucks, because I met a couple guys recently, I fuck with their music and I think we could do something great together, but I cannot physically meet them, so we have to talk on FaceTime. And your bond with someone… It’s something very important to me, that I have a good bond and a strong connection, that we really understand each other, and that bond is really difficult to form over FaceTime, or over a call. So, it’s difficult, for sure.

That was the kind of link that you formed with Fauni when he came to Europe?

I met Fauni through my boy Johnny, who’s his manager and also manages UnoTheActivist. We were in Los Angeles, it was my first or second time there. I was introduced to Johnny and he was like “Yo, we’re doing a music video with Uno, if you want you can pull up.” So, I pulled up, I met Uno, great guy. Johnny and I always stayed in touch, and then Uno actually did a couple of shows in Europe, so they pulled up, they were like “hang out with us.” I hung out with Uno, Johnny and their cameraman Ivan all day – shoutout to Ivan! We were just hanging out every day, and then when they did the Fauni tour, they were like “Yo Jesse, you should just fucking do the whole tour with us, and shoot.” I did that. I had never met Fauni before this, but I think it was on the third or fourth day, we drove to Paris, and that car ride was just the most fun. After that, we’ve just been friends. Me, him and that whole crew, Johnny, Ivan and Indi, we had such a tight connection. That was one of the funniest two weeks of my life, I laughed my ass off with them.

Just after the concert in Brussels, the pandemic started. You edited the video for “Domino”.

Ivan filmed most of it, and then we just made it into that quarantine video. We did the performances over FaceTime, and we actually did a lot of shots with the girls on the House Party app. That was kind of how we went about it. We were definitely one of the first people to do the quarantine video. We were so quick with it, because we already wanted to do a video, and I just told them “Wouldn’t it be hard if we just did that shit over FaceTime and on the House Party app?” It worked, it’s one of his best viewed videos today.

Is that first collaboration with Fauni on a video building up to something bigger?

For sure, as soon as we go, it’s over. My boy in Atlanta, Miggy, is doing a lot of his videos right now. That’s good, we’re still in the loop. Uno and I dropped a video that I edited for him, for his last project, it’s called “Famous”.

Do you think that it’s better to be in Europe right now, or is moving to the US still the best move?

I don’t know what the best move is for anyone else, I still plan on moving to America. We’re just waiting for this pandemic shit to die out, but I’m working on this really big project, I cannot say too much about it. It’s called “Global Warning”, that’s all I’m gonna say. We’re gonna set it up in America, and it’s gonna be huge.

What are your dream collabs?

I’m a big fan of Matthew Williams, so I really wanna work with Givenchy. Artist-wise, I still fuck the most with Kanye, I still fuck the most with Rocky… They’re still my favorites. I worked with Carti, I want to do more with him. I feel like my dream collabs become less of a dream by the day. If you dream about it, you put it on a pedestal, and I don’t do that no more. It’s all doable, it’s all within reach, I know working with these people is not impossible, so if I put it as a dream, it sounds like it’s something I would love to do in my life but I would probably never. I see it more as something that will happen, I just wait for the right moment.

A$AP Rocky by Shxtsfired

When you’re looking for new projects, what type of stuff do you watch or dig, in terms of aesthetics?

I’ve always been into movie shit. I like movies like Enter the Void, Fear and Loathing in Las Vegas, I like trippy shit, dark shit, stuff that makes you think. I watch a fuckload of movies. I don’t really watch what other rappers do – if a rapper hits me up, I don’t look at what the others do. Someone already did it, so why would we be in the same realm, why would we be close to that? With everything I do, I try to stay close with what I want myself, as well as the artist in question. That’s why I only like to work with rappers who already have the same style as me when it comes to visuals and clothing and stuff like that, because then it’s easier for us to understand each other. If somebody got a vision that’s so far away from mine, we will have to meet in the middle, and it will never be as satisfying for both of us.

Have you ever wanted to start a clothing brand, or something more personal to you? I saw that you released a t-shirt with Britney Spears on it.

That’s just a shirt I made, I never dropped it though. I only made those for fun. The whole thing is, I cannot talk about this too much because it’s all in process, but “Global Warning”, man… It’s clothes, lifestyle, trust me, this is everything.


Texte : Nathan Barbabianca

Traduction : Fabien Vergez

Crédit : Ivan Collaco

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